La premiere fois par William W *

 La premiere fois par William W *
Cette fille j'avais toujours trouvé qu'Elle avait le regard vide. Elle te regardait, Elle te parlait, Elle rigolait, mais dans ses yeux, y'avait rien. Ca me faisait un peu peur d'ailleurs, parce que les yeux on m'avait dit un jour que c'était le reflet de l'âme, alors pour moi, cette fille, Elle avait pas d'âme. Et quand je vois ce qu'Elle a fait, je me dis que je ne m'étais pas tellement trompée.

Ce matin je m'étais levé comme tout les matins. 5h30 pile, le réveil avait sonné, toujours, il s'était tu lorsque que j'avais appuyé sur le gros bouton gris sur le dessus de son crâne et j'avais posé le pied droit par terre. Manger, se laver, s'habiller, comme toujours. C'était un mardi. Un mardi, comme tous les autres, réglé à la minute prêt. 6 heure, Elle passait me chercher, Elle klaxonnais 3 fois, devant chez moi, réveille le quartier, ça la fait rire. Un jour j'aurais des problèmes à cause de ça. Et je me posais à côté d'elle sur les sièges en cuir de sa voiture, on se salue. Et comme à chaque fois, je croisais ses yeux, bleus, sans rien à l'intérieur. Iris, pupille tout y était, sauf, je ne sais pas, cette étincelle que je trouvais dans le regard des autres. Alors je frissonnais et je regardais par la fenêtre, le temps du trajet.

6h45 nous arrivions au bureau, toujours au même moment que le patron. Cet homme, grand, maigre, chauve, vers la 50ene. 20 ans qu'il était marié avec sa femme, 15 ans qu'il la trompait avec sa secrétaire. On était tous au courant, tous, sauf sa femme. Allez savoir pourquoi elle ne le savait pas, ça se voyait tellement, après toutes ces années, c'était dur d'être discret. Ca ne servait plus à rien, d'être discret. Et pourtant, elle ne savait pas. Ou elle ne voulait pas savoir. Il faut dire que de son côté, elle donnait le change quand le facteur passait, histoire de casser la routine. Bien belle histoire d'amour, qu'elle m'avait raconté, dans les moindre détails. Elle avait soulagé sa conscience, se cherchant des excuses, et ça avait eu l'air de marcher, car depuis qu'elle s'était confessée un soir dans mon bureau, attendant son mari qui s'envoyait en l'air juste à côté, elle avait l'air plus sereine.

7h00 le reste du personnel arrivait. Les autres, ceux à qui je dis bonjour, poliment quand ils passent à côté de moi. 7h05, la machine à café, et Joey. Joey était jeune, était beau, était élégant, était doué. Joey c'était de la marque, du haut de gamme, Joey j'en étais amoureuse et Joey lui plongeait ses yeux dans ceux sans lumière de celle qui à 5h30 klaxonnait 3 fois devant chez moi, car Joey et Elle étaient ensemble. Depuis 4 mois jeudi dernier. Nous étions mardi. Je ne sais pas ce qu'il lui trouvait à Elle, Elle et ses cheveux noir, Elle et sa poitrine plate, Elle et son gros cul, Elle et ses yeux vides. Je ne sais pas ce qui lui faisait envi chez cette pétasse sans âme. Je ne sais pas.

7h10, Joey me disait bonjour en regagnant son bureau. J'attendais toujours cet instant avec impatience, mon goblet de café à la main. Il passait devant moi et il me souriait, se stoppait, me faisait un clin d'œil accompagné d'un "Salut toi!" et il repartait. Je le regardais partir, penchant un peu la tête, soupirant. Lui, lui, lui, j'en étais folle. Mais il était avec Elle, c'est tout. 7h20, je retournais dans mon bureau et je travaillais jusqu'à 11h50. 10 minutes plus tard c'était la cantine et c'était Mathilde.

Mathilde avait été scout. Mathilde était gentille. Mathilde était pleine de bons sentiments. Mathilde avait toujours quelque chose à raconter. Mathilde m'adorait. Je n'aimais pas Mathilde. Mathilde et sa vision du monde, rose où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Parce que, Mathilde, elle avait décidé d'oublier les guerres, les morts, les maladies pour se consacrer au bénévolat à la maison de retraire "La pâquerette fleurit". Elle portait des robes roses, des chaussures vernis. En gros Mathilde, elle était écœurante. Et Mathilde, pendant 1h00 elle me parlait de ses petits vieux et de leurs problèmes fondamentaux. Mais moi, j'en avais jamais rien eu à faire des vieux. Mais, c'était comme ça, le mardi, j'écoutais Mathilde.

1h00, l'heure de la pause. Durant la pause, il y avait toute la boite, prêt de la machine à café. Il y avait, le boss, Mathilde, Joey, Elle et surtout il avait Samy. Heureusement d'ailleurs qu'il y avait Samy. Samy c'était le postier de la boite, il passait de bureau en bureau pour nous donner nos lettres et Samy, il était surtout gentil. Pas très beau, mais amusant et gentil. On peut le dire, dans la boite, c'était le seul avec qui je prenais plaisir à discuter, parce que Samy, il ne prenait rien au sérieux. Samy était un peu comme moi, désillusionné. Alors, rire comme ça, au travail, ça fait toujours plaisir. Mais ce mardi, il n'était pas là. Alors, la pause, je ne l'avais pas prise. Ce fut là, l'erreur de la journée, car Joey lui non plus n'avait pas pris sa pause. Prêt de la machine à café donc, deux absents, et une jalouse.

Dans mon bureau à 1h14, Henry cherchait des trombones. Henry, le grand roux, maigre et moche. Tellement moche qu'il n'a jamais touché une fille de sa vie. Pourtant, ce n'est pas faute d'essayer, il a fait du charme à toutes les filles du bureau et aucune n'a accepté ne serait-ce qu'un rendez vous au restaurant pour être poli. Alors depuis 2 ans, tout les soirs Henry devenait beaugoss345 et là, derrière son écran, il draguait et ça marchait. Il s'inventait une vie, un physique, des aventures et comme ça, il couchait avec des femmes, par clavier interposés. Alors il se sentait bien, c'est comme ça qu'il aimait vivre. Là bas, au moins c'était un tombeur.

Le reste de la journée: dans mon bureau. A attendre que l'heure tourne. A regarder par la porte, mes camarades passer, et se parler, échanger les derniers potins, les bruits de couloir. Ces choses, je n'y ai jamais fait attention. Pourtant, aujourd'hui, j'aurais du écouter. Dans le couloir, la rumeur enfle, lentement. Moi et Joey, moi et Joey, dans mon bureau à la pose. Moi et Joey. Ca sonnait si bien que même Elle, y a cru. Et à 17 heure, je finissais poussée dans les escaliers. 17h 12, Mathilde s'évanouissait en me trouvant, 18 heure, le boss appelait une ambulance. 20h, pour la première fois, j'osais le dire: "Je démissionne, j'me casse. Vos têtes, vos vies, c'est qu'un ramassis de conneries.".

Oui, c'était la première fois que je les envoyais se faire foutre, cette bande de cons.

# Posté le dimanche 06 mai 2007 12:56

Modifié le dimanche 06 mai 2007 14:48

Antoine Par Salomée

 Antoine Par Salomée
"je me suis entraîné à te dire ça des centaines de fois"

Antoine était devant son miroir, les cheveux plaqués en arrière par une épaisse couche de gel, serré dans un costume qui le grattait, mais il se voulait élégant. Antoine n'était pas très beau. Petit, un peu gros, il portait des lunettes, son visage était marqué par l'adolescence et les problèmes d'acné. Non, Antoine n'était pas beau, il n'était même pas charmant, il était banal, il le savait. Mais Antoine était gentil, fidèle, compréhensif, il avait le profil parfait du meilleur ami, ça aussi il le savait.
Pourtant Antoine espérait. Devant le miroir, il se disait que ce soir, avec un peu de chance, ce soir, elle sourirait, de joie et non de gêne. Ce soir, il allait lui dire qu'il l'aimait. Il avait longtemps réfléchi bien sur, pesant le pour et le contre, mais il n'en pouvait plus, il devait lui dire. Alors ce soir, il lui dirait tout, en la regardant dans les yeux.

"Vois tu, nous sommes amis depuis longtemps toi et moi. Depuis combien de temps déjà?"

Elle lui répondrait 17 ans. Ils s'étaient connus il y a 17 ans quand il lui été rentré dedans, dans la rue. Banal. Mais depuis 17 ans, qu'elle lui avait tapé dans l'œil au sens propre comme au figuré, ils ne s'étaient plus quittés. Pendant 17 ans tout les soirs au téléphone à se parler, à l'écouter surtout, à la rassurer. 17 ans qu'il l'aimait, 17 ans que des hommes autres que lui, lui faisait du mal. Durant 17 ans il avait attendu son heure.
Il faut dire aussi qu'il ne se sentait pas à la hauteur. Elle, elle plaisait. Grande, fine, poitrine généreuse, brune, yeux vert. Elle avait tout. Quand elle riait, on riait, quand elle parlait, on l'écoutait. Un model d'assurance renfermant un cœur fragile. Et pendant 17 ans, les hommes se succédaient dans son lit et à chaque fois, elle croyait au prince charmant. Les autres filles disent qu'elle est cruche, pour Antoine, elle est adorable.

"Et depuis tout ce temps j'ai quelque chose à te dire, j'espère ne pas faire une erreur en t'avouant cela."

Peut être qu'au fond, elle n'attendait que ça qu'il lui dise. Peut être qu'elle l'aimait aussi depuis tout ce temps mais qu'elle n'avait jamais osé lui dire. Pour protéger leur amitié, comme il le faisait. Peut être qu'elle aussi, elle s'empêchait, elle se freinait lorsqu'ils étaient tout les deux. Et c'était dur pour lui quand comme ça, elle lui parlait, yeux dans les yeux, dans une extrême intimité. Alors il ne l'écoutait plus vraiment, perdu dans ses pensés, dans ses envies, alors il lui souriait et il reculait.
Parfois même, elle le serrait dans ses bras, doucement, avec retenu. Alors il espérait que cette gêne dans ses mouvement, dans son étreinte venait d'un amour caché et non d'un dégoût pour l'apparence de son meilleur ami. Mais quand il était dans ses bras, qu'il respirait ses cheveux, la question ne se posait pas, elle aussi, elle l'aimait.

"Surtout, ne te sens pas obligé de répondre, ne dis rien si tu n'as pas envi de parler. Je n'attends rien de toi, je voulais te dire."

Quelqu'un venait de sonner. C'était elle. Devant la porte, elle attendait dans une robe rouge. Heureuse de passer la soirée avec son meilleur ami, celui qui était depuis combien de temps déjà? Elle avait oublié, mais depuis bien des années son confident. Oui, il n'était pas très beau, mais qu'importe, il avait du cœur, et c'était ça qu'elle appréciait. Antoine était là pour elle quand elle le voulait, se pliait à ses quatre volontés, l'épaulait quand elle lui demandait. Antoine était parfait. Si Antoine savait cela, ce soir il lui aurait dit "je t'aime" et elle lui aurait répondu "moi aussi".
Mais ce n'était pas vrai, elle ne l'aimait pas. Elle aimait juste se sentir importante. Alors quand la porte s'ouvrit sur elle et sa robe rouge et qu'Antoine entendit son rire cristallin, quand Antoine comprit qu'elle se moquait de lui et de sa tenu, quand Antoine comprit qu'il n'était rien d'autre que le meilleur ami, il se tu.

A tout jamais.

# Posté le mercredi 09 mai 2007 11:54

Modifié le mercredi 09 mai 2007 12:07

Non, je ne suis pas jalouse ... par Margaux *

Non, je ne suis pas jalouse ... par Margaux *
Il marche vite, de cette démarche amusante, le sourire aux lèvres. Même sans le connaître on sait qu'il va la retrouver, qu'ils s'aiment et que ce sera encore plus merveilleux que la dernière fois. Ils ne se sont pas vus depuis bientôt deux semaines, et la hâte de se retrouver a atteint des sommets. Je m'en veux d'être la messagère d'un petit bémol à leur vie éclaboussante de bonheur. Il s'approche, me sourit d'une facon bien différente de ceux qu'il lui accorde, ce qui est plus que compréhensible, tant je suis transparente. Mon ami est à présent devant moi. Il n'a pas de téléphone portable, détail sans importance. C'est pour cela que c'est à moi qu'elle a envoyé ce sms. " Viendrait dans une heure. Raté mon bus. bisous." . Moi j'aurais rajouté un "dis lui que je l'aime" pour le rassurer, mais au fond elle a raison, c'est maintenant tellement évident qu'ils n'ont pas besoin de se le dire. Il me demande si je l'ai vue, je lui explique. La tristesse s'installe sur son visage, mélée à un sentiment nouveau : l'impatience. Mais le sourire reste comparable aux neiges éternelles : indestructible. Décidément, je vais finir par croire tous ces gens qui disent que l'amour est plus fort que tout. Dans ce cas là, je n'ai jamais plus goûter à la force. Parce que je suis l'amie, l'amie merveilleuse, la bonne copine, la drôle de fille pas gatée par la nature. Là, le je l'écoute se plaindre cinq bonnes minutes, il n'a pas besoin que je réponde. Bien sûr que leur bonheur m'étouffe, mais je ne peux en vouloir à personne. Ce n'est de la faute que du destin. Le mien est tout tracé, et sans surprise aucune, sauf intervention ésthétique. Mon bus arrive. Une bise, un " à lundi", et me voilà embarquée. Je le regarde attendre, la guettant de tous les coins de rue, son regard en dit long sur ses sentiments pour elle. Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part.

# Posté le samedi 12 mai 2007 08:58

Les gens changent, on le voit lorsqu'il nous répondent que ce sont les temps qui changent par Giz' *

Les gens changent, on le voit lorsqu'il nous répondent que ce sont les temps qui changent par Giz' *
Les gens changent, enfin "les gens" disent que ce sont les temps qui changent.
Pourtant des amis bienveillants nous mettent en garde
Mais nous rien à foutre, après tout ça ne les regarde pas
Ensuite le "Si je l'avais écouté" nous trotte dans le tête
Il nous rend fou, nous obsède
Jusqu'à ce qu'on redevienne dans notre état normal
Celui où on réalise notre connerie
Celui où l'on mesure notre déception souvent immense.
Tout notre être en souffre
Soudain nos yeux gonflent,
J'appelle ça le syndrome de "L'oeil rouge et l'âme qui pleure"
D'autres appel ça un coup de blues ou une déprime
Tout est celon la franchise de l'autre
Dans ces moments soit on veut se faire plaindre,
Soit on se renferme sur soi même
Quoi que l'on fasse on sbaise tout seul
Alors le mieux c'est encore d'écouter tes potes.

(C'était ma moralité xD)

# Posté le lundi 21 mai 2007 12:38

Modifié le lundi 21 mai 2007 13:45

Gabrielle, par margaux *

Gabrielle, par margaux *
"- Maman, la balle a passé la haie, on l'a perdue !
- Non voyons, il te suffit d'aller sonner chez Madame Gabrielle, et de demander poliment qu'elle te la rende .
- Je n'irais pas
- Et pourquoi donc ?
- C'est une sorcière "
Gabrielle était une jolie jeune fille, on se retournait sur son passage, son allure legère et fraîche inspirait à la bonne humeur.Elle grandissait dans la gaieté et faisait le bonheur des autres par son altruisme et sa générosité. Gabrielle s'occupait des chats sauvages et des oiseaux perdus. Ses poches débordaient de friandises pour tous les enfants, qu'elle les connût ou non. Evidemment, les prétendants se bousculaient autour de ce rayon de soleil vivant. Mais son homme comme elle l'appelait, c'était Jacob. Il n'était pourtant ni le plus beau, ni le plus brillant de ceux qui la courtisaient, mais il avait volé son coeur, et elle savait que c'était lui, pour toujours, ou à jamais, ou les deux d'ailleurs. En grandissant, il a fallu quitter le village, trouver du travail. Il était relativement effrayant de changer de vie du tout au tout, mais ca ne pouvait qu'être du bonheur en pièce : c'était avec Jacob. Les amoureux n'étaient pas riches, mais ils choisirent Paris, la ville du romantisme par excellence. Une chambre de bonne sous les toîts, sans chauffage, ne leur rendait que la vie plus belle, ils étaient leur chaleur respective. La guerre a éclaté sans inquiéter leur nid d'amour. Il leur a paru normal de résister à ces hommes qui voulaient faire de la France une province allemande. Il allait donc de soit qu'ils résistent à l'occupant. Leur cagibi à accueilli des traqués par dizaines, des juifs, des tsiganes, des résistants. Gabrielle est tombée enceinte en avril 1941, leur bonheur montait en puissance, brique par brique. A sept mois de grossesse, la nostalgie poussa la jeune femme à rendre visite à ses parents, afin de se ressourcer et se reposer, plus au calme. Elle partit quelques jours, incroyablement insouciante. A son retour, l'appartement était vide. Ses amis lui apprirent la déportation de Jacob, dénoncé par une vieille voisine. Il ne revint évidemment jamais. La vie de Gabrielle s'arréta ce jour. Elle devint un automate aigri, se nourrissant par habitude. A la mort de ses parents, elle emménaga dans leur maison. La vieillesse arriva sans crier garre. Gabrielle passait ses journées à beugler sur les enfants en attendant son heure.

# Posté le dimanche 10 juin 2007 08:19