Cette fille j'avais toujours trouvé qu'Elle avait le regard vide. Elle te regardait, Elle te parlait, Elle rigolait, mais dans ses yeux, y'avait rien. Ca me faisait un peu peur d'ailleurs, parce que les yeux on m'avait dit un jour que c'était le reflet de l'âme, alors pour moi, cette fille, Elle avait pas d'âme. Et quand je vois ce qu'Elle a fait, je me dis que je ne m'étais pas tellement trompée.
Ce matin je m'étais levé comme tout les matins. 5h30 pile, le réveil avait sonné, toujours, il s'était tu lorsque que j'avais appuyé sur le gros bouton gris sur le dessus de son crâne et j'avais posé le pied droit par terre. Manger, se laver, s'habiller, comme toujours. C'était un mardi. Un mardi, comme tous les autres, réglé à la minute prêt. 6 heure, Elle passait me chercher, Elle klaxonnais 3 fois, devant chez moi, réveille le quartier, ça la fait rire. Un jour j'aurais des problèmes à cause de ça. Et je me posais à côté d'elle sur les sièges en cuir de sa voiture, on se salue. Et comme à chaque fois, je croisais ses yeux, bleus, sans rien à l'intérieur. Iris, pupille tout y était, sauf, je ne sais pas, cette étincelle que je trouvais dans le regard des autres. Alors je frissonnais et je regardais par la fenêtre, le temps du trajet.
6h45 nous arrivions au bureau, toujours au même moment que le patron. Cet homme, grand, maigre, chauve, vers la 50ene. 20 ans qu'il était marié avec sa femme, 15 ans qu'il la trompait avec sa secrétaire. On était tous au courant, tous, sauf sa femme. Allez savoir pourquoi elle ne le savait pas, ça se voyait tellement, après toutes ces années, c'était dur d'être discret. Ca ne servait plus à rien, d'être discret. Et pourtant, elle ne savait pas. Ou elle ne voulait pas savoir. Il faut dire que de son côté, elle donnait le change quand le facteur passait, histoire de casser la routine. Bien belle histoire d'amour, qu'elle m'avait raconté, dans les moindre détails. Elle avait soulagé sa conscience, se cherchant des excuses, et ça avait eu l'air de marcher, car depuis qu'elle s'était confessée un soir dans mon bureau, attendant son mari qui s'envoyait en l'air juste à côté, elle avait l'air plus sereine.
7h00 le reste du personnel arrivait. Les autres, ceux à qui je dis bonjour, poliment quand ils passent à côté de moi. 7h05, la machine à café, et Joey. Joey était jeune, était beau, était élégant, était doué. Joey c'était de la marque, du haut de gamme, Joey j'en étais amoureuse et Joey lui plongeait ses yeux dans ceux sans lumière de celle qui à 5h30 klaxonnait 3 fois devant chez moi, car Joey et Elle étaient ensemble. Depuis 4 mois jeudi dernier. Nous étions mardi. Je ne sais pas ce qu'il lui trouvait à Elle, Elle et ses cheveux noir, Elle et sa poitrine plate, Elle et son gros cul, Elle et ses yeux vides. Je ne sais pas ce qui lui faisait envi chez cette pétasse sans âme. Je ne sais pas.
7h10, Joey me disait bonjour en regagnant son bureau. J'attendais toujours cet instant avec impatience, mon goblet de café à la main. Il passait devant moi et il me souriait, se stoppait, me faisait un clin d'œil accompagné d'un "Salut toi!" et il repartait. Je le regardais partir, penchant un peu la tête, soupirant. Lui, lui, lui, j'en étais folle. Mais il était avec Elle, c'est tout. 7h20, je retournais dans mon bureau et je travaillais jusqu'à 11h50. 10 minutes plus tard c'était la cantine et c'était Mathilde.
Mathilde avait été scout. Mathilde était gentille. Mathilde était pleine de bons sentiments. Mathilde avait toujours quelque chose à raconter. Mathilde m'adorait. Je n'aimais pas Mathilde. Mathilde et sa vision du monde, rose où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Parce que, Mathilde, elle avait décidé d'oublier les guerres, les morts, les maladies pour se consacrer au bénévolat à la maison de retraire "La pâquerette fleurit". Elle portait des robes roses, des chaussures vernis. En gros Mathilde, elle était écœurante. Et Mathilde, pendant 1h00 elle me parlait de ses petits vieux et de leurs problèmes fondamentaux. Mais moi, j'en avais jamais rien eu à faire des vieux. Mais, c'était comme ça, le mardi, j'écoutais Mathilde.
1h00, l'heure de la pause. Durant la pause, il y avait toute la boite, prêt de la machine à café. Il y avait, le boss, Mathilde, Joey, Elle et surtout il avait Samy. Heureusement d'ailleurs qu'il y avait Samy. Samy c'était le postier de la boite, il passait de bureau en bureau pour nous donner nos lettres et Samy, il était surtout gentil. Pas très beau, mais amusant et gentil. On peut le dire, dans la boite, c'était le seul avec qui je prenais plaisir à discuter, parce que Samy, il ne prenait rien au sérieux. Samy était un peu comme moi, désillusionné. Alors, rire comme ça, au travail, ça fait toujours plaisir. Mais ce mardi, il n'était pas là. Alors, la pause, je ne l'avais pas prise. Ce fut là, l'erreur de la journée, car Joey lui non plus n'avait pas pris sa pause. Prêt de la machine à café donc, deux absents, et une jalouse.
Dans mon bureau à 1h14, Henry cherchait des trombones. Henry, le grand roux, maigre et moche. Tellement moche qu'il n'a jamais touché une fille de sa vie. Pourtant, ce n'est pas faute d'essayer, il a fait du charme à toutes les filles du bureau et aucune n'a accepté ne serait-ce qu'un rendez vous au restaurant pour être poli. Alors depuis 2 ans, tout les soirs Henry devenait beaugoss345 et là, derrière son écran, il draguait et ça marchait. Il s'inventait une vie, un physique, des aventures et comme ça, il couchait avec des femmes, par clavier interposés. Alors il se sentait bien, c'est comme ça qu'il aimait vivre. Là bas, au moins c'était un tombeur.
Le reste de la journée: dans mon bureau. A attendre que l'heure tourne. A regarder par la porte, mes camarades passer, et se parler, échanger les derniers potins, les bruits de couloir. Ces choses, je n'y ai jamais fait attention. Pourtant, aujourd'hui, j'aurais du écouter. Dans le couloir, la rumeur enfle, lentement. Moi et Joey, moi et Joey, dans mon bureau à la pose. Moi et Joey. Ca sonnait si bien que même Elle, y a cru. Et à 17 heure, je finissais poussée dans les escaliers. 17h 12, Mathilde s'évanouissait en me trouvant, 18 heure, le boss appelait une ambulance. 20h, pour la première fois, j'osais le dire: "Je démissionne, j'me casse. Vos têtes, vos vies, c'est qu'un ramassis de conneries.".
Oui, c'était la première fois que je les envoyais se faire foutre, cette bande de cons.
Ce matin je m'étais levé comme tout les matins. 5h30 pile, le réveil avait sonné, toujours, il s'était tu lorsque que j'avais appuyé sur le gros bouton gris sur le dessus de son crâne et j'avais posé le pied droit par terre. Manger, se laver, s'habiller, comme toujours. C'était un mardi. Un mardi, comme tous les autres, réglé à la minute prêt. 6 heure, Elle passait me chercher, Elle klaxonnais 3 fois, devant chez moi, réveille le quartier, ça la fait rire. Un jour j'aurais des problèmes à cause de ça. Et je me posais à côté d'elle sur les sièges en cuir de sa voiture, on se salue. Et comme à chaque fois, je croisais ses yeux, bleus, sans rien à l'intérieur. Iris, pupille tout y était, sauf, je ne sais pas, cette étincelle que je trouvais dans le regard des autres. Alors je frissonnais et je regardais par la fenêtre, le temps du trajet.
6h45 nous arrivions au bureau, toujours au même moment que le patron. Cet homme, grand, maigre, chauve, vers la 50ene. 20 ans qu'il était marié avec sa femme, 15 ans qu'il la trompait avec sa secrétaire. On était tous au courant, tous, sauf sa femme. Allez savoir pourquoi elle ne le savait pas, ça se voyait tellement, après toutes ces années, c'était dur d'être discret. Ca ne servait plus à rien, d'être discret. Et pourtant, elle ne savait pas. Ou elle ne voulait pas savoir. Il faut dire que de son côté, elle donnait le change quand le facteur passait, histoire de casser la routine. Bien belle histoire d'amour, qu'elle m'avait raconté, dans les moindre détails. Elle avait soulagé sa conscience, se cherchant des excuses, et ça avait eu l'air de marcher, car depuis qu'elle s'était confessée un soir dans mon bureau, attendant son mari qui s'envoyait en l'air juste à côté, elle avait l'air plus sereine.
7h00 le reste du personnel arrivait. Les autres, ceux à qui je dis bonjour, poliment quand ils passent à côté de moi. 7h05, la machine à café, et Joey. Joey était jeune, était beau, était élégant, était doué. Joey c'était de la marque, du haut de gamme, Joey j'en étais amoureuse et Joey lui plongeait ses yeux dans ceux sans lumière de celle qui à 5h30 klaxonnait 3 fois devant chez moi, car Joey et Elle étaient ensemble. Depuis 4 mois jeudi dernier. Nous étions mardi. Je ne sais pas ce qu'il lui trouvait à Elle, Elle et ses cheveux noir, Elle et sa poitrine plate, Elle et son gros cul, Elle et ses yeux vides. Je ne sais pas ce qui lui faisait envi chez cette pétasse sans âme. Je ne sais pas.
7h10, Joey me disait bonjour en regagnant son bureau. J'attendais toujours cet instant avec impatience, mon goblet de café à la main. Il passait devant moi et il me souriait, se stoppait, me faisait un clin d'œil accompagné d'un "Salut toi!" et il repartait. Je le regardais partir, penchant un peu la tête, soupirant. Lui, lui, lui, j'en étais folle. Mais il était avec Elle, c'est tout. 7h20, je retournais dans mon bureau et je travaillais jusqu'à 11h50. 10 minutes plus tard c'était la cantine et c'était Mathilde.
Mathilde avait été scout. Mathilde était gentille. Mathilde était pleine de bons sentiments. Mathilde avait toujours quelque chose à raconter. Mathilde m'adorait. Je n'aimais pas Mathilde. Mathilde et sa vision du monde, rose où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Parce que, Mathilde, elle avait décidé d'oublier les guerres, les morts, les maladies pour se consacrer au bénévolat à la maison de retraire "La pâquerette fleurit". Elle portait des robes roses, des chaussures vernis. En gros Mathilde, elle était écœurante. Et Mathilde, pendant 1h00 elle me parlait de ses petits vieux et de leurs problèmes fondamentaux. Mais moi, j'en avais jamais rien eu à faire des vieux. Mais, c'était comme ça, le mardi, j'écoutais Mathilde.
1h00, l'heure de la pause. Durant la pause, il y avait toute la boite, prêt de la machine à café. Il y avait, le boss, Mathilde, Joey, Elle et surtout il avait Samy. Heureusement d'ailleurs qu'il y avait Samy. Samy c'était le postier de la boite, il passait de bureau en bureau pour nous donner nos lettres et Samy, il était surtout gentil. Pas très beau, mais amusant et gentil. On peut le dire, dans la boite, c'était le seul avec qui je prenais plaisir à discuter, parce que Samy, il ne prenait rien au sérieux. Samy était un peu comme moi, désillusionné. Alors, rire comme ça, au travail, ça fait toujours plaisir. Mais ce mardi, il n'était pas là. Alors, la pause, je ne l'avais pas prise. Ce fut là, l'erreur de la journée, car Joey lui non plus n'avait pas pris sa pause. Prêt de la machine à café donc, deux absents, et une jalouse.
Dans mon bureau à 1h14, Henry cherchait des trombones. Henry, le grand roux, maigre et moche. Tellement moche qu'il n'a jamais touché une fille de sa vie. Pourtant, ce n'est pas faute d'essayer, il a fait du charme à toutes les filles du bureau et aucune n'a accepté ne serait-ce qu'un rendez vous au restaurant pour être poli. Alors depuis 2 ans, tout les soirs Henry devenait beaugoss345 et là, derrière son écran, il draguait et ça marchait. Il s'inventait une vie, un physique, des aventures et comme ça, il couchait avec des femmes, par clavier interposés. Alors il se sentait bien, c'est comme ça qu'il aimait vivre. Là bas, au moins c'était un tombeur.
Le reste de la journée: dans mon bureau. A attendre que l'heure tourne. A regarder par la porte, mes camarades passer, et se parler, échanger les derniers potins, les bruits de couloir. Ces choses, je n'y ai jamais fait attention. Pourtant, aujourd'hui, j'aurais du écouter. Dans le couloir, la rumeur enfle, lentement. Moi et Joey, moi et Joey, dans mon bureau à la pose. Moi et Joey. Ca sonnait si bien que même Elle, y a cru. Et à 17 heure, je finissais poussée dans les escaliers. 17h 12, Mathilde s'évanouissait en me trouvant, 18 heure, le boss appelait une ambulance. 20h, pour la première fois, j'osais le dire: "Je démissionne, j'me casse. Vos têtes, vos vies, c'est qu'un ramassis de conneries.".
Oui, c'était la première fois que je les envoyais se faire foutre, cette bande de cons.


