Regarde moi par justine *

Regarde moi par justine  *
Regarde-moi.
Je t'observe. Un ornement de la salle me cache à tes yeux (sublimes, soit dit en passant). Tu discutes avec tes innombrables amis. Regarde-moi. Allez, tourne la tête vers moi. Si tu le fais, je serai la personne la plus heureuse du monde...
J'attends.
Je t'espionne ainsi durant presque une heure. Tes amis s'en vont les uns après les autres. Bientôt, tous seront partis. Peut-être qu'alors, tu tourneras ton beau visage vers le mien... Il faut que j'arrête de rêver. Le vase chinois, blanc orné de motifs bleus, me dissimule vraiment bien.
Ca y est, la solitude a repris ses droits. Tu esquisses quelques mouvements en avant, vers la sortie, mais tu t'arrêtes soudainement, comme si un sixième sens te retenait. Avec un des ces fins sourires que j'aime tant chez toi, tu rives ton regard dans le mien. Tes yeux ne témoignent aucune surprise, pas même le plus petit étonnement. Comment pouvais-tu savoir que j'étais ici ?
Tu t'approches, d'une démarche souple qui trahit ton incroyable confiance en toi, alors que moi je n'aurais jamais osé adopté cette attitude. Tu souris toujours, et je pense que c'est cela qui me décide... Qui me décide à sortir de ma cachette et à faire un pas vers toi, alors que je suis d'ordinaire si timide. Nous nous arrêtons à un mètre l'un de l'autre. Je me perds dans le bleu intense de tes yeux et oublie tout. Tout, c'est-à-dire même la guerre qui ravage notre pays, les attentats qui il y a une heure encore ont frappé la ville, la terreur permanente, la peur. Tout ce monde a été remplacé par un regard.
Tu fais un pas. Moi aussi. Je sais ce qui va se passer et je l'attends sans crainte, moi que tout le monde hue en raison de mon extrême timidité.
Encore un pas. Puis un autre. Tu tends la main vers mon visage. Un simple effleurement, comme un léger courant d'air, avant de reculer. Peur de brusquer, peur de décevoir ? Je ne sais pas. Tu reviens presque tout de suite, avec plus d'assurance. J'apprécie énormément la douceur de ce contact. Ta main contre ma joue... le rêve de toute une vie. Tes lèvres s'approchent doucement des miennes. Elles se rencontrent à mi-chemin entre nos deux corps.
Eclat indéfinissable, douceur infinie, passion naissante, harmonie parfaite. Je m'envole. Deux corps, une âme.
Rien ne saurait me faire sortir de cette communion parfaite. Mon bonheur est sans faille.
Et pourtant...
On entend tout d'abord un léger sifflement, presque inaudible. Ce son insolite nous pousse hélas à nous séparer, à regret. Le sifflement se mue rapidement en un son suraigu. On dirait un missile qui vole...
Une seconde après, c'est l'explosion.
Quelque chose a traversé une fenêtre à l'opposé du coin où nous nous tenions. Une grenade ? Je ne sais pas. Et puis un bruit assourdissant. Une explosion de lumière. Des objets qui volent. Des hurlements de terreur. Une douleur. Et puis le noir.
A mon réveil, j'ai tout d'abord du mal à me rappeler où je suis. La mémoire me revient peu à peu. Puis brusquement.
Je ne te vois pas.
Mes yeux horrifiés parcourent la scène. Partout des pleurs, du sang, des personnes gisant au sol. Je ne peux retenir un sanglot. Pourquoi toute cette violence ? Pourquoi ce carnage ? Je ne comprends pas.
Tout à coup, je te vois. Ton corps est allongé par terre, les bras en croix. Je me précipite vers toi. Non, s'il vous plaît, ne me dites pas que...
Je prends ta main et y cherche fébrilement un pouls. Ce n'est pas la peine. Tu ouvres tes yeux magnifiques et me murmure à l'oreille :
-Je t'aime...
-Moi aussi. Mais que...
Je n'achève pas. Ton regard est devenu vitreux. Ton pouls déjà faible s'éteint définitivement. La blessures que je remarque alors me glacent les sangs. Un objet, soufflé par l'explosion, a atteint ton estomac et s'y est profondément enfoncé. J'en distingue encore les contours irréguliers, mais je ne parviens pas à l'identifier. Tant mieux.

# Posté le dimanche 22 avril 2007 05:11

Une fin heureuse ? par joss*

Une fin heureuse ? par joss*
Il était intelligent, très intelligent, trop peut-être... oui c'est ça, beaucoup trop. Parce que pour un ado, intelligent rime avec un ado bizarre, et que quand quelqu'un est bizarre, il est exclu, c'est logique. Je ne parle évidement pas de l'intelligence du aux notes, c'est tellement superficiel ça ... Je parle de l'intelligence, la vraie, celle qui permet de voir le monde tel qu'il est vraiment, de réfléchir de penser, de sentir, de comprendre, celle qui permet de faire les conversations avec les amis, encore faut il en avoir.
Car il était seul dans la cours, assis dans un coin, lisant un "vieux bouquin". Oui, lui, il était simple, mais pourtant incompris, il ne se croyait pas supérieur, au contraire, ni généreux, ni beau, ni drôle... il était simplement simple. C'était un artiste, même si il ne le savait pas, il faisait des dessins merveilleux, écrivait des textes sublimes, prenait des photos magnifiques, jouait du piano talentueusement, mais ça tout le monde s'en foutait. Je ne vais pas m'attarder sur sa vie et je vais plutôt passer à son strict opposé.
Mike, parce que lui, il en valait la peine d'après tout le monde, il était beau, sportif, et, le plus important, il était le roi, le roi des élèves. Tout le monde l'adorait, bien évidement, et bien évidement encore, la victime favoris de Mike c'était... lui... l'artiste incompris.
Tous les jours il subissait en silence, en baissant la tête, toutes les remarques, toutes les insultes, serrant les poings et avec une seule idée en tête, « à la fin de l'année, tout serait fini. » Mais aujourd'hui, ça en été trop, beaucoup trop, il n'en pouvait plus. Il ... il était triste... il voulait simplement qu'on lui foute la paix... simplement ça, il n'avait rien demander a personne lui... Mais l'usure, la fatigue, le stress l'avait abîmé, oui c'est ça, abîmé... Ce n'était qu'un adolescent... rien de plus. Lui aussi il voulait prendre des fou rires avec ses copains, lui aussi il voulait manger Macdo, lui aussi il voulait s'endormir sans que des larmes coulent sur sa joue, et sans avoir peur du lendemain, mais évidement c'était bien le dernier souci des élèves, un bon souffre douleur, voilà ce qu'il était. Et quand le soi disant roi lui fit une de ses remarques, qui fit encore, et encore rigoler sa bande, à bout de force, il sorti un revolver, on ne sera d'ailleurs jamais d'où il l'aura sorti et tira sur Mike, la visage en pleurs, avant de se tiré à son tour une balle dans le crâne.
Les rires cessèrent, les conversations s'arrêtèrent tout le monde hurla dans tous les sens. Des cris de peur de panique et d'effroi. Que ce passait il ? Qu'est qui lui avait prit ? Cette question demeure encore dans la tête de beaucoup d'élèves, parce que eux n'avaient jamais connu ça. Il gisait sur le sol et il voulait juste qu'on lui foute la paix...
Mike s'en sorti, la balle l'ayant juste touché à la jambe, il vécut une belle et heureuse vie.

C'est ce que vous vouliez entendre ? Nan ? Pourquoi, c'est pourtant toujours les méchants qui gagnent...

# Posté le lundi 23 avril 2007 13:23

Modifié le mardi 24 avril 2007 13:43

Moman, elle disait pas ça William W. *

Moman, elle disait pas ça William W. *
On raconte un peu partout que les contes c'est pour les gamins. Moman, elle disait pas ça.

Moman, c'était une artiste. Danseuse, chanteuse, écrivain, photographe, moman, elle savait tout faire. Elle avait une admiration sans faille pour William Shakespeare, Charles Baudelaire et Paul Eluard et elle s'était jurée que ses 3 fils s'appelleraient William, Charles et Paul, mais moman, elle avait eu qu'un fils, c'était moi. Alors voilà, elle m'a donné les trois prénoms, et elle me répétait sans jamais se lasser, que mes prénoms c'était les plus beaux du monde. J'voulais bien la croire moman, parce que moman, elle se trompait jamais.

Moman, elle faisait parti de ces gens que tout le monde admirait, que tout le monde enviait, et j'me souviens que moi, haut comme trois pommes je la regardais les yeux grands ouverts et j'me disais: plus tard je serais comme moman. Moi aussi plus tard, on m'applaudirait, moi aussi plus tard on m'aimerait, et moi, quand je serais grand, je serais comme moman.

Ca faisait bien rire les gens parce que moi, même en grandissant j'ai jamais su rien faire. Ha ça, j'ai jamais été très doué, trop maladroit, trop tarte, trop truffe. "Willy" qu'ils disaient les gens "Willy l'est pas comme sa maman". Mais moman, elle s'en moquait, elle savait que même si je savais pas chanter, même si j'étais pas foutu de tenir un instrument correctement, moi aussi un jour on m'applaudirait, et ça parce que je le savais, moi je le savais que les contes, c'était pas pour les enfants. Moi j'savais que les contes c'était pour tout le monde au coin du feu, au coin de ma tête. Et quand j'l'ouvre moi, pour raconter mes histoires, on se tait, on se tait comme quand moman elle faisait son numéro, comme quand moman elle peignait. On se tait pour m'écouter.

On raconte un peu partout que les contes c'est pour les gamins. Moman, elle disait pas ça. Alors moi, Willy le conteur de vie, j'ai envi de vous le montrer… C'est pas de la musique, c'est pas du cirque, c'est pas grandiose, c'est des mots… c'est des histoires que j'm'en va vous conter.

# Posté le mardi 24 avril 2007 14:39

Modifié le mercredi 25 avril 2007 08:47

Pas de titre par Marion *

Pas de titre par Marion *
Prisonnière de mes sentiments
Incapable de penser librement
Je me sens si faible
Et près de toi je me sens tellement vulnérable
J'aimerai juste qu'un jour ça s'arrête
Prisonnière de ton regard si insolent
Incapable, je baisse les yeux lentement
Je voudrai m'enfuir car mon désir de partir devient palpable
Et malgrès tout toi tu t'en fiches, car pour toi je ne suis qu'un garage à pipe jetable
J'aimerai juste que tu arrêtes
Prisonnière de tes bras, où maintenant tu me fais mal vraiment
Incapable de crier, tu me disais que tu m'aimais ... soit-disant
Je te hais et toute seule je m'accable
Et toi pour plus de confort tu m'allonge sur la table
J'aimerai juste qu'on arrête
Prisonnière d'un amour inexistant
Incapable de me défendre car tu m'as souiller dans un couloir en passant
Je me sens si sale si faible
Et maintenant après t'être satisfait en me rendant misérable
J'aimerai juste que l'on arrête ta vie comme tu viens d'arrêter la mienne ...

Moralité : ne te balade jamais seule dans un couloir xD

# Posté le mardi 24 avril 2007 17:16

Siamoises par Margaux *

Siamoises par Margaux *
Elles sont nées le même jour, à 1h d'intervalle, de deux mères différentes. L'histoire fait sourire, elle l'ont tant de fois racontée. Cependant rien n'obligeait les deux bébés braillards à se rencontrer. Le destin l'a décidé, ou quelque chose comme ca ... en tout cas leurs chemins se sont croisés, dans un couloir de clinique. Et elles ont continué leur route ensemble. Depuis la crèche, les premiers pas, l'école maternelle, la première balade " sans maman", les soirées pyjama ... Elles étaient plus que des meilleures amies, elles ne s'étaient jamais demandé si elles s'aimaient, cela allait de soi. La vie de l'une sans l'autre était impossible. Comme dans toutes les histoires, la vie aurait du les séparer. Elle auraient du grandir différement, puis faire un peu semblant jusqu'à arriver à la triste conclusion que tout avait changé. Ca n'arriva évidemment pas. A leur entrée au collège, elles ont compris qu'il fallait grandir et on adopté la même vision des choses, elles ne se sont pas disputées en treize ans de vie partagée. Car elle partageaient absolument tout. Ce qui était à l'une était à l'autre, chacune connaissait la maison de son amie par coeur, Et si elles vivaient un moment séparement, aussi court et inintéressant soit-il, elles devaient tout se raconter, dans les détails. Etouffant ? Non ca leur était vital. Elles réalisaient toutes les deux une scolarité brillante, et furent prises sans problèmes dans le meilleur lycée de la ville. Elles consacraient leur temps libre à écouter la même musique et s'admirer entre elles. C'était invraisemblable, les gens observaient ces "copines depuis le berceau " comme de fausses soeurs. Et ils n'avaient pas tort. Car lorsque les parents de l'une d'entre elles décidèrent de partir vivre en angola, celle ci commenca une grève de la faim. Le travail obligeant, ses parents partirent, la confiant à la famille de sa pseudo jumelle. Incroyable mais véridique. Les deux amies se sont ainsi retrouvées à partager leur chambre en plus du reste. Elles sont entrées à la FAC d'anglais la même année. Là leur comportement est devenu des plus étranges. Il leur est arrivé de rater une journée de cours pour le plaisir de rester seules à s'observer et se sourire sur le canapé. Si l'une était malade, il n'était pas question que l'autre mette un pied à la FAC. Les après midi séchés sont devenus journées, puis semaines et finalement elles ont décidé de ne plus sortir ou seulement au minimum, pour se consacrer l'une à l'autre. Là, les parents ont paniqué, et un médecin leur a diagnostiqué une relation malsaine et presque sectaire qu'il aurait fallu neutraliser plus tôt. A ces mots, des mesures de taille furent prises. En effet, l'une d'entre elles fut mise de force dans l'avion pour l'angola. Deux semaines plus tard, on les enterrait ensemble, comme elles l'auraient souhaité avant leur suicide.

# Posté le mercredi 25 avril 2007 08:42

Modifié le jeudi 26 avril 2007 12:16